Une refonte de site web représente un investissement conséquent en temps et en budget. Pourtant, de nombreux projets n'atteignent pas leurs objectifs : délais dépassés, résultats décevants, ou pire, un site moins performant qu'avant la refonte.
Chez Revolucy, nous accompagnons des entreprises dans leurs projets de refonte depuis plus de 10 ans. Certains clients nous contactent après une première refonte ratée avec un autre prestataire. Les problèmes rencontrés sont souvent les mêmes, et la plupart auraient pu être évités.
Voici les 10 erreurs les plus fréquentes que nous observons, et comment les contourner pour réussir votre projet de refonte.
1. Refondre pour de mauvaises raisons
La première erreur se produit avant même le lancement du projet : refondre un site sans objectif clair. "Le site fait daté", "la concurrence a refait le sien", "ça fait 5 ans qu'on ne l'a pas touché" ne sont pas des raisons suffisantes.
Une refonte doit répondre à un problème identifié : taux de conversion insuffisant, référencement en chute, impossibilité d'ajouter de nouvelles fonctionnalités, performances dégradées, ou évolution majeure de l'activité.
Sans diagnostic préalable, vous risquez de reproduire les mêmes erreurs avec une nouvelle couche de peinture. Avant de refondre, analysez ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce que vous attendez concrètement du nouveau site.
2. Négliger l'audit de l'existant
Un site en ligne depuis plusieurs années a accumulé des données précieuses : pages les plus visitées, parcours utilisateurs, requêtes de recherche qui génèrent du trafic, contenus qui convertissent. Ignorer ces informations revient à repartir de zéro sans capitaliser sur l'existant.
L'audit doit couvrir plusieurs dimensions : performances techniques (temps de chargement, Core Web Vitals), référencement (positions, mots-clés, backlinks), analytics (comportement des visiteurs), et contenus (pages performantes vs pages inutiles).
Pour INTEAM, expert en équipement de salles de sport, l'audit préalable a révélé que certaines pages produits généraient l'essentiel du trafic qualifié. Ces pages ont été conservées et optimisées plutôt que supprimées, préservant ainsi le capital SEO acquis.
3. Oublier la stratégie de redirection
C'est l'erreur technique la plus coûteuse en termes de référencement. Lors d'une refonte, les URLs changent souvent : nouvelle arborescence, nouveaux slugs, suppression de pages. Sans plan de redirection, les anciennes URLs renvoient des erreurs 404, et le référencement s'effondre.
Chaque URL de l'ancien site doit être mappée vers son équivalent sur le nouveau site via des redirections 301. Les pages supprimées doivent rediriger vers la page la plus pertinente. Ce travail est fastidieux mais indispensable.
Nous avons vu des sites perdre 60% de leur trafic organique en quelques semaines à cause de redirections mal gérées. Récupérer ce trafic prend ensuite des mois, parfois des années.
4. Sous-estimer le travail sur les contenus
Beaucoup d'entreprises pensent qu'une refonte concerne uniquement le design et la technique. Les contenus existants seront "migrés" et le tour est joué. En réalité, les contenus représentent souvent le chantier le plus chronophage.
Une refonte est l'occasion de réévaluer chaque contenu : est-il encore pertinent ? Faut-il le réécrire ? Le fusionner avec un autre ? Le supprimer ? Les nouveaux contenus nécessaires ont-ils été identifiés et planifiés ?
Prévoyez du temps et des ressources dédiées à ce travail. Si vous n'avez pas les compétences en interne, intégrez la rédaction ou la refonte des contenus dans le périmètre du projet.
5. Valider les maquettes sans tester les contenus réels
Les maquettes présentées par les agences utilisent généralement du contenu fictif parfaitement calibré : textes de la bonne longueur, images aux bonnes proportions, titres accrocheurs. Le résultat est séduisant sur le papier.
Le problème apparaît à l'intégration : vos vrais contenus ne rentrent pas dans les cases. Les titres sont trop longs, les descriptions trop courtes, les images pas au bon format. Le design soigneusement validé se retrouve déformé.
Exigez de voir les maquettes avec vos contenus réels, au moins pour les pages clés. Cela évite les mauvaises surprises et permet d'ajuster le design en amont.
6. Changer de CMS sans évaluer l'impact
Passer de WordPress à un autre CMS, ou l'inverse, n'est jamais anodin. Chaque système a sa logique, ses contraintes, et son écosystème. Un changement de CMS implique souvent de revoir les workflows internes, de former les équipes, et de reconstruire certaines fonctionnalités.
Le changement peut être justifié : besoins fonctionnels non couverts, problèmes de performances structurels, coûts de maintenance excessifs. Mais il doit être un choix éclairé, pas une décision prise à la légère parce que "l'agence travaille avec tel outil".
Évaluez concrètement ce que vous perdez et ce que vous gagnez. Parfois, optimiser l'existant coûte moins cher et apporte de meilleurs résultats qu'une migration complète.
7. Négliger les performances dès la conception
Un site visuellement abouti mais lent à charger est un échec. Les performances web ne sont pas un ajustement de dernière minute, elles se pensent dès la conception : poids des images, nombre de requêtes, choix des technologies, hébergement.
Les Core Web Vitals (LCP, FID, CLS) sont désormais des critères de classement Google. Un site qui dépasse les 3 secondes de chargement perd des visiteurs et des positions dans les résultats de recherche.
Pour Beamentry, cabinet spécialisé en sécurité économique, les performances étaient une priorité dès le brief. Le choix d'un développement WordPress sur mesure plutôt qu'un thème préconçu a permis d'obtenir des temps de chargement optimaux malgré une architecture de contenu dense.
8. Ne pas impliquer les utilisateurs internes
Le site sera administré au quotidien par des équipes internes : marketing, communication, commerce. Si ces utilisateurs ne sont pas impliqués dans le projet, le back-office risque de ne pas correspondre à leurs besoins.
Résultat fréquent : un site techniquement réussi mais que personne n'arrive à mettre à jour correctement. Les contenus deviennent obsolètes, les équipes contournent le système, et le site se dégrade progressivement.
Intégrez les futurs administrateurs du site dès la phase de conception. Leurs retours sur l'ergonomie du back-office sont aussi importants que les retours sur le front-office.
9. Lancer sans phase de test suffisante
La pression des délais pousse souvent à raccourcir la phase de recette. Le site est mis en ligne avec des bugs non détectés, des liens cassés, des formulaires qui ne fonctionnent pas, ou des problèmes d'affichage sur certains navigateurs.
Un site lancé avec des dysfonctionnements visibles dégrade l'image de l'entreprise et fait fuir les visiteurs. Les premiers jours suivant un lancement sont critiques : c'est souvent le moment où le trafic est le plus élevé (communication, curiosité des clients existants).
Prévoyez une vraie phase de test sur un environnement de préproduction. Testez sur différents navigateurs, différents appareils, avec différents profils d'utilisateurs. Constituez une checklist exhaustive et ne lancez que lorsque tous les points sont validés.
10. Considérer la mise en ligne comme la fin du projet
Le lancement n'est pas une ligne d'arrivée, c'est un point de départ. Un site web nécessite un suivi continu : corrections des problèmes remontés par les utilisateurs, optimisations basées sur les données analytics, mises à jour de sécurité, évolutions fonctionnelles.
Trop d'entreprises investissent dans une refonte puis laissent le site sans maintenance pendant des années. Les performances se dégradent, les contenus deviennent obsolètes, les failles de sécurité s'accumulent.
Prévoyez un budget de maintenance et d'évolution dès le départ. Un site vivant, régulièrement mis à jour, génère de meilleurs résultats qu'un site figé même parfaitement conçu au lancement.
Comment structurer un projet de refonte
Pour éviter ces erreurs, un projet de refonte doit suivre une méthodologie rigoureuse :
Phase 1 : Diagnostic — Audit technique, SEO et analytics de l'existant. Identification des objectifs mesurables de la refonte.
Phase 2 : Conception — Définition de l'arborescence, des parcours utilisateurs, des fonctionnalités. Validation avec les contenus réels.
Phase 3 : Production — Développement, intégration des contenus, mise en place des redirections.
Phase 4 : Recette — Tests fonctionnels, tests de performance, tests multi-supports. Corrections avant mise en ligne.
Phase 5 : Lancement et suivi — Mise en production, monitoring des performances et du référencement, ajustements post-lancement.
Cette approche structurée permet d'anticiper les problèmes plutôt que de les subir.
Conclusion
Une refonte de site web réussie demande plus qu'un bon design et un développement propre. Elle exige une préparation rigoureuse, une attention constante aux détails techniques, et une vision à long terme.
Les erreurs décrites dans cet article ne sont pas des fatalités. Avec la bonne méthodologie et un accompagnement adapté, votre refonte peut atteindre ses objectifs et donner à votre entreprise un outil web performant pour les années à venir.
Vous envisagez une refonte et souhaitez éviter ces écueils ? Contactez notre équipe pour un premier échange sur votre projet.